Les enseignants ont protesté contre les initiatives du chef de l’Elysée, le système éducatif français étant dans une période tumultueuse. La réforme de l’éducation a été l’un des points essentiels du programme électoral de Nicolas Sarkozy, mais sa mise en oeuvre se révèle difficile à atteindre.
Récemment, les forces de l’ordre ont dû utiliser des gaz lacrymogènes contre les enseignants, qui ont jeté au nez des agents de police leurs chaussures et d’autres objets, pour protester contre les changements qui permettraient de réduire les postes d’enseignants.
Le gouvernement veut moderniser le système d’éducation afin qu’il puisse mieux préparer les étudiants pour le marché du travail. “Nous avons besoin de réformer l’ensemble du processus de choix de la carrière pour mieux synchroniser les aspirations des jeunes avec les possibilités qui leur sont offertes”, a expliqué le Ministre de l’éducation, Xavier Darcos.
La réforme vise à accroître la performance des collèges, en éliminant certaines disciplines qui surchargent les programmes scolaires. De plus, le gouvernement désire développer le système privé d’éducation et mettre en compétition les écoles d’Etat avec celles privées. Les enseignants craignent la réduction des postes d’enseignants dans les collèges et affirment que cela conduira à la surpopulation des classes. On prévoit qu’un total de 13.500 postes d’enseignants serait réduit au cours de l’année prochaine.
Nicolas Sarkozy a dû ajourner avec un an la mise en œuvre de ces mesures. La décision a été prise en décembre, lors des révoltes violentes des lycéens. Les jeunes ont barricadé les entrées dans les écoles, les chemins de fer ont été bloqués et il y a eu des confrontations violentes avec la police. Plusieurs lycéens ont été arrêtés à Lyon, où une voiture a été incendiée et cinq policiers ont été blessés.
Sarkozy a argumenté sa décision d’ajourner la réforme par ses craintes liées au déroulement de protestes des
lycéens en même temps avec ceux qui se passaient à cette époque-là en Grèce, comme réponse à l’assassinat d’un adolescent par la police d’Athène. “Quand je vois les gens se confronter avec une telle violence, évidemment, je pense deux fois avant de prendre une décision”, a déclaré Sarkozy.
L’écrivain et le philosophe français, Chantal Delsol estime dans un éditorial du journal “Le Figaro” que “la
situation actuelle des jeunes n’est pas terrible en soi, mais en rapport avec les attentes du public et le progrès espéré. Nous avons imposé à nos enfants certaines normes imbéciles et nous leur avons imprimé continuement le mépris pour le métier de plombier. On leur a dit que tous doivent être des intellectuels et qu’ils ont le droit à un emploi à leur choix. Des mensonges. Un pays ne peut pas être entièrement peuplée par des avocats, des mèdecins, d’enseignants ou de chercheurs scientifiques”, écrit Delsol.
Un élève sur cinq quitte ses études sans avoir un diplôme ou une qualification, chaque année. Le taux de chômage est élevé chez les jeunes tandis que, paradoxalement, dans de nombreux secteurs, les entreprises ont des difficultés à trouver des employés. L’existence des “étudiants fantômes”, qui s’inscrivent à l’université uniquement pour bénéficier de certains avantages, ce qui signifie parfois la perception d’une somme de 200-300 euros par mois, sans participer aux cours ou aux examens.